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Le Point sur la crise du volontariat


Un SPV doit être formé comme un « pro », la disponibilité liée à la formation est donc devenue très contraignante. N’est-ce pas là aussi un frein au volontariat ?
Je me souviens du temps où l’instruction était essentiellement axée sur la lutte contre l’incendie et où l’expérience venait compléter la formation des sapeurs-pompiers volontaires. Aujourd’hui, ils bénéficient d’une formation pluridisciplinaire et sont soumis à une formation initiale d’une durée d’au moins trente jours qui peut être répartie sur les trois premières années. Il y a ensuite toutes les formations d’adaptation aux emplois et les formations spécialisées. Cela demande beaucoup de temps même si la reconnaissance de la validation des acquis permet de valoriser l’expérience.
Cette exigence de formation est assez paradoxale. D’une part, elle permet l’obtention des qualifications qui confèrent au SPV un professionnalisme certain et l’aide à se positionner dans un environnement très réglementé où l’abondance de textes le tracasse souvent. D’autre part, elle ôte au système la souplesse qui, quelque part, facilitait le fonctionnement du service. Aujourd’hui, il est parfois difficile de compléter l’engin par manque de personnels qualifiés. Par ailleurs, l’exigence de formation influence la responsabilité des acteurs. La qualité de SPV n’est plus, comme par le passé, un statut dont tient compte le juge dans l’appréciation de la responsabilité pénale. Je le regrette car je persiste à dire qu’il faut bien distinguer le statut professionnel et celui de volontaire. Le premier engage, à temps complet et pour toute une carrière, son bénéficiaire. Le second s’applique à des gens qui ont fait le choix de consacrer une partie de leur temps au service d’incendie et de secours. Il y a donc nécessairement des différences entre les deux, et il est important de le rappeler lorsque le service est mis en cause.

formation_pluridisciplinaire_pour_les_sapeur-pompiers.jpgQuels sont les principaux défis à relever dans les prochaines années pour garantir l’avenir du volontariat et comment faire pour les relever ?

Vous soulignez avec justesse l’implication forte des SPV au sein des services d’incendie. Il n’est pas concevable aujourd’hui de se passer de leur participation, sachant qu’ils assurent seuls la défense de la plus grande partie du territoire national.
Les conditions sont désormais réunies pour cadrer leur activité tout en conservant le caractère bénévole de leur concours. C’est cet équilibre difficile à maintenir qu’il faut préserver car le sapeur-pompier volontaire doit bénéficier d’un véritable statut sans pour autant être « professionnalisé ».
La difficulté majeure consistera de plus en plus à fidéliser leur engagement. Il faut donc, au-delà des recrutements, trouver de nouvelles voies permettant de s’inscrire dans la durée en créant peut-être des liens plus forts entre la vie professionnelle et privée de l’agent et sa contribution au service d’incendie et de secours. La reconnaissance doit aller au-delà du régime de retraite mis en place et lui donner une sorte de bonus dans l’accomplissement de ses diverses démarches.
Le développement des sections de jeunes sapeurs-pompiers constitue également un vecteur important qui pourra constituer le futur vivier. On constate, et c’est très encourageant, que nombreux sont ceux qui bénéficient des passerelles mises en œuvre par les textes et deviennent SPV à l’âge de 16 ans. Il faut espérer que ces jeunes poursuivront par la suite leur activité au sein du service. Il faut privilégier les recrutements de qualité. Ce qui fait la force d’un Sdis, ce n’est pas seulement le nombre de sapeurs-pompiers volontaires inscrits sur les registres ; c’est aussi sa capacité à les mobiliser en toutes circonstances. De ce point de vue, les Sdis ont un rôle essentiel à jouer. L’avenir du volontariat passe également par les politiques locales mises en œuvre pour favoriser le développement du volontariat, en complément des actions menées au plus haut niveau.

Contact : www.editions-papyrus.com