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Les feux dans les immeubles de grande hauteur
igh01.jpgLes plans d’urbanisme, et de façon générale, la surpopulation des grandes métropoles de ce monde, poussent les architectes à construire des tours toujours plus hautes. Le risque de feu d’IGH et de ITGH est plus que jamais d’actualité.








La conception d’un IGH, et a fortiori d’un ITGH, devrait, au XXIe siècle, prendre en compte les leçons du passé, et en particulier le drame du 11 septembre 2001 à New York pour les ITGH. Au cours des années 1970, des incendies spectaculaires et catastrophiques à Séoul et Sao Paulo, entre autres, se traduisent par des centaines de victimes asphyxiées, brûlées ou défenestrées. Ils mettent en évidence l’incapacité des sauveteurs à rejoindre les victimes par l’extérieur des immeubles au-delà de la hauteur accessible aux échelles des sapeurs-pompiers. Ces drames ont largement inspiré les cinéastes hollywoodiens dont le célèbre film catastrophe La Tour infernale qui focalisait sur la relation entre architectes et pompiers. Apparaissent alors des réglementations dans chaque pays visant à assurer l’évacuation des occupants en cas de sinistre et à permettre l’accès des secours par l’intérieur de l’immeuble. De ces règles naît le concept de noyau central par lequel les escaliers de secours et les ascenseurs doivent être mis à l’abri des fumées et de la propagation du feu. Mais cette approche a montré ses failles. Les limites du concept ont été vérifiées lors de plusieurs incendies. À New York, en février 1993, l’explosion d’une camionnette piégée, suivie de feu dans les parkings du World Trade Center, se traduit par la destruction de plusieurs niveaux de planchers de compartimentage, l’arrêt complet des ascenseurs et l’enfumage total des Twin Towers de l’époque. Leur évacuation générale durera quatre heures. Outre les six victimes décédées, on recensera un nombre impressionnant de personnes intoxiquées par les fumées. En 1999, à Philadelphie, les pompiers abandonnent au feu les six derniers niveaux de l’IGH, après avoir lutté cinq heures et perdu trois des leurs. Le 11 septembre 2001, à New York, les malheureux occupants des étages supérieurs aux impacts des avions manifestent vainement leur présence aux fenêtres, voulant encore croire à un hypothétique sauvetage. Mais, faute de communications verticales épargnées, ils ne pourront jamais ni redescendre ni être rejoints par les sauveteurs… L’année 2005 est marquée, à Madrid, par le spectaculaire incendie de la tour Windsor en travaux. Ce feu se soldera par la destruction d’une grande partie de l’immeuble. En mai 2008, la faculté d’architecture de Delft aux Pays-Bas subit un incendie généralisé. Une partie de l’édifice s’écroule après six heures de développement du feu. Les secours sont alertés pour une fuite d’eau.  Une étude détaillée de ce sinistre montre que les produits de combustion d’un feu ayant couvé longtemps, après avoir rempli un amphithéâtre, entrainent un embrasement généralisé éclair à partir duquel il sera impossible aux pompiers de maîtriser le feu. Le complexe sera rasé tant les dégâts causés seront irréversibles. Enfin, 9 février 2009 à Pekin, l’hôtel Mandarin oriental est lui aussi la proie des flammes. Les matériaux organiques constituant l’isolation thermique de l’immeuble s’embrasent comme une torche, allumés par un feu d’artifices tiré depuis sa toiture-terrasse.
Heureusement, l’immeuble est encore en fin de travaux et n’est pas occupé. Toute la façade brûlera entièrement pendant plusieurs heures.