Newsletter
Chaque mois, notre newsletter vous informe sur l’actualité du métier.
Advertisement
Derniers dossiers

debat.jpg
Pour ou contre une plate-
forme commune 15/18?



 
Les mots clefs des Dossiers
accidents bâtiment chaleur dispositif détecteurs extinction formation gestion hauteur immeuble incendie matériaux opérationnelle ouverture personnels pression produits propagation protection
Actualité
Phénomènes thermiques : les fire gas ignitions
001cz.jpgLes inflammations et explosions de gaz d’incendie, plus connues sous le terme fire gas ignitions (FGI), sont la troisième famille de phénomènes thermiques, après l’explosion de fumées et l’embrasement généralisé éclair. Quid de leurs risques, de leurs signes d’alarme et des techniques pour les combattre ?






Février 2001, un feu d’appartement au rez-de-chaussée d’un immeuble R+2 se déclare à Édimbourg en Écosse. L’incendie a atteint son plein développement dans le salon, sa fenêtre est embrasée. La porte du logement est close. Un binôme s’engage pour attaquer tandis qu’un autre part en
reconnaissance dans l’appartement supérieur, où règne une fumée grise, peu dense et froide. Aucune victime à évacuer, mais l’équipe a soudain une mauvaise intuition et décide de sortir. Trente secondes après, elle descend l’escalier quand une explosion survient. La cage s’éventre au premier, le plafond de la pièce en feu s’écroule, l’incendie se propage au dernier étage. Ni explosion de fumées (backdraft) ni embrasement généralisé éclair (flashover) : comment expliquer ce phénomène thermique différent, à l’instar de nombreux autres relatés lors de retours d’expérience ? Pendant l’attaque, la porte du volume sinistré est restée entrouverte pour faciliter la progression. Une flamme s’est ainsi propagée au dehors, puis s’est infiltrée à travers une gaine technique donnant sur l’appartement supérieur. Au contact des fumées, idéalement mélangées à l’air, elle a déclenché une smoke explosion (SE), un type de FGI. Sur son site www.smokeburns.com, le référent incendie John Taylor conclut ce retex avec humour par un pragmatique : « jusqu’où va la chance ? ».

002cz.jpg


Des origines à la certification

Dès 1999, les FGI sont clairement définies par Paul Grimwood, expert anglais des feux de structures, comme des « mises à feu de gaz de combustion et de pyrolyse déjà dans (ou transportés vers) des proportions inflammables ». Il ajoute, dans son dernier livre Euro Firefighter, que l’origine du terme « smoke explosion » est à priori centenaire. Et que, depuis 1975, les scientifiques Croft, Wiekema, Sutherland et Thomas l’ont étudié plus précisément, ainsi que les autres FGI. Leur terminologie dans les années 1980-1990 sera source de confusion lorsque les ingénieurs suédois Bengtsson et Karlsson redéfiniront ces phénomènes déjà référencés par les chercheurs et les pompiers anglo-saxons.
En France, il faut attendre de nombreux sapeurs-pompiers morts au feu pour voir enfin paraître, en 2003, dans le GNR EF/EGE, les conclusions du groupe de travail sur les accidents thermiques, pourtant prêtes fin 2000. Ce texte constituera certes une véritable (r)évolution face aux dangers des feux de bâtiments, mais il élude hélas les FGI. À ce jour, cette troisième famille de phénomènes thermiques est établie scientifiquement et reconnue par le système de l’organisation internationale de normalisation. Elles renvoient de facto aux savoirs de base, tels le triangle du feu et les limites d’inflammabilité. De plus, deux concepts clés y sont réaffirmés avec force : la fumée brûle, et qui contrôle l’air contrôle le feu.